Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 26 novembre 2025 à Goma, les hauts responsables de l’AFC/M23 ont remis en cause le narratif officiel du gouvernement central sur la situation humanitaire dans les territoires sous leur contrôle.
Il n’existe aucune urgence humanitaire dans les zones libérées, contrairement aux déclarations de Kinshasa, qui chercherait à « fabriquer une crise » pour servir ses propres stratégies politiques.
Autour de la table, quatre cadres du mouvement : Fanny Kaj (département de finances), Chantal Murekatete (conseillère du gouverneur du Nord-Kivu), Freddy Ndongozi (conseiller du gouverneur du Sud-Kivu) et Lawrence Kanyuka, porte-parole du mouvement.
Tous ont présenté un contre-rapport chiffré, visant à démonter ce qu’ils qualifient de communication « volontairement alarmiste » du régime de Kinshasa.« Kinshasa fabrique une crise »
Les intervenants ont accusé le gouvernement central d’exagérer la situation humanitaire pour justifier certaines décisions politiques sensibles, notamment autour de la gestion financière provinciale et de la question de l’aéroport de Goma. Cette rhétorique ne s’appuie ni sur les observations de terrain, ni sur les données disponibles.
Accès humanitaire total : 4 966 humanitaires ont circulé librement
Chantal Murekatete a fourni plusieurs indicateurs clés :11 agences onusiennes,91 ONG internationales,603 ONG nationalessont actives dans les territoires de Masisi, Rutshuru, Lubero et Nyiragongo, sans aucune limitation d’accès.
Une économie « assainie » et des marchés mieux approvisionnés
Depuis avril, 4 966 travailleurs humanitaires ont traversé ces zones sans blocage, taxation abusive ou menaces. Les corridors routiers sont décrits comme « stables et opérationnels », et les convois circulent librement.
Les cadres du mouvement affirment que la situation économique s’est améliorée depuis la prise de contrôle :disparition des barrières illégales,harmonisation des taxes,fin des extorsions routières,liberté de circulation retrouvée.
Les marchés locaux seraient désormais mieux approvisionnés, au point de ravitailler certaines zones encore administrées par Kinshasa, avec à la clé une baisse notable des prix des denrées alimentaires.
Retour massif des déplacés : « une preuve irréfutable de stabilité »
Au moment de la prise de contrôle, plus de 576 000 déplacés étaient enregistrés dans ces territoires. Selon l’AFC/M23, la majorité d’entre eux sont rentrés sans encadrement extérieur, entraînant la disparition progressive des sites de déplacés.
Un phénomène présenté comme un indicateur direct d’une amélioration sécuritaire durable.Banques fermées : une décision « punitive » du gouvernement centralLes intervenants ont dénoncé la fermeture des institutions bancaires dans les zones libérées, une mesure qu’ils attribuent à Kinshasa.

Cette décision fragiliserait inutilement les ménages, les entreprises locales, mais aussi les ONG, créant une crise financière artificielle. Aéroport de Goma : « aucune justification humanitaire »Sur la question sensible de la réouverture de l’aéroport de Goma,
l’AFC/M23 a été catégorique :les conditions humanitaires ne justifient aucune mesure d’urgence, et les pressions internationales découleraient davantage d’un agenda politique piloté depuis Kinshasa, plutôt que d’une nécessité opérationnelle.
Du narratif de crise à la reconstruction
Les cadres du mouvement appellent les partenaires internationaux à reconnaître que les zones libérées ne sont plus un espace d’intervention d’urgence, mais plutôt une région engagée dans une phase de :relance économique,restauration des services sociaux,reconstruction administrative,stabilisation durable.
Ils invitent à « dépasser les discours de crise » pour entrer dans une logique de développement structurant.
LA RÉDACTION.
