De retour de Doha, la délégation de l’AFC-M23 a tenu une conférence de presse ce jeudi à Goma pour éclairer l’opinion sur les huit protocoles contenus dans l’accord de paix publié le 15 novembre entre le Gouvernement congolais et le mouvement.
Selon les délégués de l’AFC-M23, seuls deux protocoles ont été abordés jusqu’ici : la libération des prisonniers politiques,le respect du cessez-le-feu.Cependant, leur mise en application reste « totalement inobservée » par la partie gouvernementale, déplore le mouvement.
Les six autres points — notamment la restauration de l’autorité de l’État, le désarmement des groupes armés locaux, la neutralisation des forces étrangères, ou encore les mécanismes d’aide humanitaire — seront examinés au cours des prochains rounds de discussions, précisent-ils.
« Nous ne serons pas désarmés »Interrogé sur la question sensible du désarmement, Benjamin Mbonimpa, secrétaire permanent de l’AFC-M23, a catégoriquement exclu que son mouvement soit concerné :>
« Avec le Gouvernement, nous avons discuté à Doha à égalité. Aucune partie ne pouvait imposer quoi que ce soit à l’autre.
Sur la question du désarmement, sachez que nous ne faisons pas partie de ceux qui vont être désarmés. C’est nous qui allons matérialiser ce programme. Le désarmement concerne les milices qui opèrent dans le pays.
Ensemble avec le Gouvernement, nous avons pris l’engagement de les désarmer. »Restauration de l’autorité de l’État : un chantier encore non négociéL’organisation affirme que la question de la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national n’a pas encore été débattue.
Les modalités pratiques et la mise en œuvre des engagements seront connues « après la signature définitive de l’accord de paix ».
Reprise des hostilités sur le terrainCette mise au point intervient alors que des affrontements ont repris dans plusieurs zones du Nord et du Sud-Kivu, en violation du cessez-le-feu conclu à Doha.
L’AFC-M23 se défend de toute provocation et affirme « protéger les populations face aux attaques du régime de Kinshasa ».
Emmanuel Barhebwa.
